Qualité de l’air et confinement, on fait le point !

Depuis le 17 mars, l’activité humaine a fortement été réduite par les mesures de confinement. Quels impacts sur la qualité de l’air ? On fait le point !

Identification des polluants et leurs origines

On définit la qualité de l’air par la concentration de particule issue de l’activité humaine. En plus du CO2 dont nous connaissons tous sont impact sur la planète on distingue 5 polluants principaux :

Le dioxyde d’azote (NO2), qui est principalement à l’origine du trafic routier et des poids lourds (véhicule diesel)
Le dioxyde de soufre (SO2), issue des industries et centrales thermiques, il agit comme un irritant des muqueuses et des voies respiratoires. Il réagit avec l’humidité de l’air pour produire de l’acide sulfurique responsable des pluies acides qui dégradent les monuments de construction calcaire.
Le monoxyde de carbone (CO), incolore et inodore, il résulte de la mauvaise combustion des hydrocarbures. Très toxique, il est rapidement absorbé par l’organisme et agit comme asphyxiant en se fixant sur l’hémoglobine.
Les particules fines inférieur à PM10 (diamètre de 10 µm), sont issues de la combustion du bois, charbon ou pétrole (les anciennes chaudières par exemple). Elles sont également produites par la combustion des hydrocarbures et les pneumatiques dans le transport routier. Ces particules pénètrent profondément dans les voies respiratoires, provoquant des irritations et gênes respiratoires.
Pollution à l’ozone (O3), le pic de pollution à l’ozone et souvent observé par jour de grand soleil sous l’effet des UV, par la transformation de composé organique volatils (COV) comme le benzène ou le toluène mais encore le monoxyde de carbone. Ces substances sont le produit des hydrocarbures. Si la couche d’ozone en haute atmosphère est une véritable barrière protectrice filtrant les UV, l’ozone est particulièrement nocif pour la santé et l’environnement en basse couche. Tout comme le dioxyde de carbone, c’est un gaz à effet de serre.
Il y a aussi les PCB, pesticides, les métaux lourd (As, Cd, Pb, Ni) ou les solvants, qui ne sont pas abordés ici. Pour plus d’information sur les polluants de l’air : [1].

Sur l’agglomération Grenobloise, la pollution de l’air est particulièrement amplifiée par sa topographie (coincée entre 3 massifs montagneux). Les flux d’air sont limités, notamment en hiver quand les systèmes de brise ne sont pas actifs. Additionnellement, l’air froid plus dense, au contact des sommets enneigés, dégringole le long des reliefs et élève l’air plus chaud de la ville créant un phénomène d’inversion de température. Ce phénomène concentre les polluants en basse couche et empêche leur évacuation. [2]

Conséquence sur la santé et l’environnement

Cette pollution de l’air a de grave conséquence sur notre santé et nous ne sommes pas tous égaux face à ce danger.
– Les plus vulnérables
Les enfants de moins de 12 ans, car les poumons ne sont pas encore complétement formés,
Les seniors, de part une baisse de l’efficacité de leur système respiratoire,
Les personnes à risque souffrant de pathologie respiratoire ou de maladie cardio-vasculaire,
Les sportifs, par la dilatation des alvéoles pulmonaires sont plus exposés à l’absorption des polluants.

– Maladie / Mortalité
Une exposition aux polluants prolongée ou à des concentrations élevées, est la cause d’un grand nombre de pathologie. Une étude de référence réalisé en Europe conclue que la simple exposition aux particules fines PM2,5 est responsable de 42000 morts par an. Plus globalement, la pollution de l’air est responsable de presque 800000 morts en 2015 en Europe et 8,8 millions dans le monde [5]
Les polluants de l’air provoquent de nombreux pathogènes du système respiratoire et du système cardio-vasculaires. Mais aussi une augmentation accrue des cancers par des mutations génétique [3][6] ou du dérèglement hormonal et du système reproducteur.

– La pollution de l’air a un effet aggravant sur la propagation du SRAS-CoV2 (maladie Covid19)
L’air pollué agit comme une véritable autoroute de la propagation du SRAS-CoV2. Plusieurs études ont été mené, notamment en Italie du Nord et en France. Une forte corrélation entre la concentration de polluant et le développement de l’épidémie a été observée. En France, les deux régions les plus touchées (grand est et Ile de France) sont aussi les régions où la concentration de terre agricole en culture intensive avec une proximité de population dense est la plus importante. La propagation de l’épidémie est fortement accrue par la présence des polluants et peut voyager sur plusieurs kilomètres ! [7]
De plus, l’étude italienne révèle que le risque de mourir dans les zones polluées est augmenté de 84%. [8]

Pour la planète, la pollution de l’air a de lourds impacts sur les écosystèmes et la végétation. Provoquant des pluies acides qui s’attaquent au calcaire, une baisse de rendement des cultures et des nécroses folifères. La faune n’est pas épargnée avec la disparition de certaines espèces pollinisatrices ou de leur dérèglement hormonal. Les particules polluantes captées par la pluie se retrouvent aussi dans les rivières et les nappes phréatiques. [4]

Les dernières observations de la qualité de l’air depuis le confinement

Tout n’est pas si gris ! Depuis plusieurs semaines maintenant, dans toutes les régions du monde où il y a eu confinement, l’activité humaine ayant fortement ralenti, ont observe une qualité de l’air inédite repassant sous des seuils que nous n’avions plus vu depuis 40 ans en Ile de France par exemple.
En Chine, le confirment a permis de préserver pas moins de 100 millions de tonnes de CO2.

On observe logiquement une forte diminution du dioxyde d’azote (NO2) et du dioxyde de carbone (CO2) par un trafic limité des transports routiers.

Si le confinement a eu un effet positif sur la pollution au dioxyde d’azote, l’impact constaté sur les particules fines n’est pas significatif. De même, l’indice de la pollution à l’ozone (O3) n’est pas bon. Ce dernier est produit par la transformation des polluants (COV) par les radiations des ultraviolets du soleil. Avec cette météo généreuse rien d’étonnant donc.

Retrouvez les mesure locales observées depuis le 11 mars

Oui mais après ?

Depuis la reprise économique de la Chine, les pics de la pollution de l’air sont à nouveau dans le rouge.
S’il y n’y avait qu’un message à retenir du confinement, c’est de prendre conscience de l’impact considérable que l’activité humaine a sur la planète et notre santé. Nous sommes tous concernés et tous responsables.
L’enjeu réside dans une résorption durable de la pollution de l’air, par une activité économique performante, des technologies vertueuses et moins émettrices, une organisation de la société plus responsable, par des actions publiques fortes.
Néanmoins, nous pouvons aussi agir individuellement pour limiter notre impact par des mesures simple mais quotidienne :
– Consommer bio et local,
– Privilégier les déplacements doux (vélo, transport en commun, …),
– Prévoir une meilleure isolation de son habitation et un chauffage performant,
– Privilégier le commerce d’occasion et la réparation

Liens utiles et sources

« Il faut sauver… les Alpes », 2019, 52min, Laurent Lichtenstein et Nicolas Plain

https://vimeo.com/378978691

« La qualité de l’air », 2020, Métropole Grenoble Alpes

https://www.grenoblealpesmetropole.fr/462-qualite-de-l-air.htm

« Plan climat air énergie », 2020, Métropole Grenoble Alpes

https://www.grenoblealpesmetropole.fr/463-plan-air-energie-climat.htm

WAQI INFO – Indice de la qualité de l’air en temps réel dans le monde

https://waqi.info/fr/#/c/45.226/5.842/12.6z

ATMO – Indicateur de la qualité de l’air en France

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/

[1] ATMO – polluants surveillés

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/polluants-surveilles

[2] ATMO – influence de la météo, phénomène d’inversion

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/influence-de-la-meteo

[3] ATMO – Effets sur la santé

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/effets-sur-la-sante

[4] ATMO – Effets sur l’environnement

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/effets-sur-lenvironnement

[5] France Info – La pollution de l’air a causé 8,8 millions de morts prématurées dans le monde en 2015, selon une étude

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/pollution-de-l-air-une-nouvelle-etude-revoit-le-nombre-de-morts-a-la-hausse_3229709.html

[6] Etude cancérologique de l’impact de la pollution atmosphérique

Cancer et environnement / Volume 109: cancérogénicité de la pollution atmosphérique)

[7] LE MONDE – Impact de la pollution de l’air sur la propagation de l’épidémie

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/30/coronavirus-la-pollution-de-l-air-est-un-facteur-aggravant-alertent-medecins-et-chercheurs_6034879_3244.html

[8] FUTURA – Impact de la pollution de l’air sur la propagation de l’épidémie

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-pollution-air-autoroute-coronavirus-80173/

[9] France Info – Coronavirus : la qualité de l’air en France s’est-elle améliorée depuis le début du confinement ?

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-la-qualite-de-l-air-en-france-s-est-elle-amelioree-depuis-le-debut-du-confinement_3898315.html